Avant de rejoindre la Lune, Griffin-1 a dû affronter une série d’épreuves bien terrestres. L’atterrisseur de Voyager Technologies a terminé, fin septembre 2026, près de trois mois d’essais environnementaux au Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA, en Californie du Sud. L’annonce, publiée le 13 octobre, porte donc sur l’achèvement d’une campagne au sol, pas sur un départ vers la Lune.
L’objectif consiste à soumettre le véhicule à des conditions représentatives du lancement, du trajet vers la Lune et de l’arrivée à sa surface. La NASA présente ces essais comme une démonstration de sa préparation à ces environnements difficiles. Pour comprendre ce que cette étape apporte, il faut regarder les épreuves séparément : chacune vise une contrainte différente.
Du chaud au froid, dans une chambre à vide
La dernière épreuve s’est déroulée dans le « 25-Foot Space Simulator », une chambre à vide thermique du JPL. Le 31 août, ingénieurs et techniciens ont utilisé une grue pour y installer Griffin-1. Cette date correspond à sa mise en place dans la chambre, tandis que la fin de l’ensemble de la campagne est située à la fin septembre.
À l’intérieur, l’atterrisseur a été exposé alternativement à des températures atteignant 75 °C et descendant jusqu’à −100 °C. L’essai thermique sous vide simule ainsi les températures extrêmes attendues pendant la mission. Il ne s’agit pas seulement de montrer le véhicule dans une grande enceinte : on le confronte à une succession de conditions chaudes et froides, plutôt qu’à une température unique.
Un détail de l’image mérite aussi l’attention : la boîte marquée de bandes jaunes au sommet de Griffin-1 n’est pas le rover qu’il doit emporter. Elle représente cette charge utile pendant l’essai. Le rover FLIP d’Astrolab, dont le nom développé est FLEX Lunar Innovation Platform, doit être fixé au véhicule ultérieurement. La photographie ne montre donc pas encore toute la cargaison dans sa configuration finale.
Le lancement : du bruit et des secousses
Une autre épreuve a reproduit le vacarme du décollage. Le 12 août, Griffin-1 se trouvait dans une chambre acoustique fermée, entouré de microphones. De grandes trompes alimentées en azote gazeux comprimé l’ont soumis à un niveau sonore pouvant atteindre 153 décibels. Ici, la contrainte recherchée est le bruit du lancement, recréé autour de l’atterrisseur.
Les vibrations ont fait l’objet d’un essai distinct. Une table vibrante a secoué Griffin-1 dans trois directions, avec une force progressivement accrue, tandis que des centaines de capteurs surveillaient le véhicule. Cette fois, il s’agissait de simuler les secousses de la montée sur une fusée à travers l’atmosphère terrestre. Bruit et vibrations appartiennent au même départ, mais les essais les abordent séparément.
Vérifier aussi les signaux et le mouvement
Toutes les contraintes ne prennent pas la forme d’un choc ou d’une température extrême. Le 29 juillet, Griffin-1 a également subi des essais d’interférences et de compatibilité électromagnétiques. Leur but : vérifier que les signaux de ses composants électroniques ne se perturbent pas mutuellement. Les longues pointes de mousse qui tapissent la chambre absorbent notamment les ondes électromagnétiques.
Le 20 juillet, une table spéciale avait fait tourner rapidement l’atterrisseur pour mesurer ses propriétés de masse. Les ingénieurs pouvaient ainsi rechercher des oscillations inattendues et évaluer la manière dont le véhicule se déplacerait dans l’espace. Ces mesures servent à juger sa préparation au vol et aux opérations à la surface : l’enjeu n’est pas seulement de supporter une épreuve, mais aussi de caractériser son mouvement.
Une étape franchie, un assemblage à terminer
Après les essais au JPL, Griffin-1 a été renvoyé dans les installations de Voyager Lunar Systems à Pittsburgh pour son assemblage final. Voilà ce qui change concrètement : la campagne environnementale est achevée et le véhicule passe à la suite de sa préparation. Il ne faut pas confondre ce résultat avec l’achèvement de l’assemblage ou avec un lancement déjà réalisé.
Le lancement est annoncé comme prévu pour la fin de 2026, à bord d’une fusée Falcon Heavy de SpaceX. Intégrée à l’initiative CLPS de la NASA, la mission doit livrer dix charges utiles provenant de six pays au cratère Nobile, près du pôle Sud lunaire. Les épreuves au sol préparent ce voyage ; l’annonce actuelle concerne leur achèvement, tandis que le décollage et la livraison restent des étapes à venir.
Crédit photo : NASA/JPL-Caltech — PIA26708. Conditions d’utilisation.




